Depuis les années 1980, la tendance était au cocooning; la maison était ce lieu intime dans lequel on trouvait refuge, loin de toutes agressions extérieures. Repliée sur elle-même, la maison répondait à certains codes qui lui garantissaient paix et sérénité. Chaque pièce avait sa fonction, chaque meuble sa convenance.
Les années 2000 semblent générer une nouvelle façon de concevoir son intérieur.
En effet, le développement des nouvelles technologies de l’information qui a permis pour beaucoup de transférer une partie du travail à la maison, ne va pas sans un risque de repli sur soi. D’autant que la connaissance en temps réel des tensions mondiales (notamment après les événements du 11 septembre 2001) a poussé les gens à renouer des liens avec les autres, d’ouvrir leur espace privé. Cette nouvelle évolution s’appelle le «hiving». Désormais, on s’ouvre au monde à partir de chez soi. On demeure en contact, on se rencontre, mais dans le confort de sa maison.
La maison comme une «ruche»
«Hiving» est le terme anglais qui désigne non seulement la ruche, mais également toute l’activité qui y règne. Né aux Etats-Unis, ce nouveau mode de «vivre» a directement influencé l’art de penser lamaison et tout ce qui touche à son confort, à son esthétique; le mobilier gagne en simplicité, le design est épuré, les couleurs sont plus vivantes. Comme un retour en force de la vie, la maison s'ouvre sur le monde; elle reste le refuge mais devient le centre d'activités multiples, mêlant vie familiale, loisirs et travail. Les espaces communs s’agrandissent, s’affranchissent des limites. L’esprit «loft» semble ressurgir: espaces communs décloisonnés, espaces privés limités; plus de volume, de simplicité, de fonctionnalité.
La cuisine est le coeur de la ruche
Cuisine, salle à manger et salon partagent le même volume renforçant ainsi la convivialité du lieu; la cuisine est le coeur de la ruche. Le temps est à la réception, aux bons repas en famille ou entre amis, le garde-manger s’agrandit pour pallier à toute éventualité. L’îlot central abat la dernière limite physique avec l’environnement proche: il tient lieu d’espace de préparations culinaires, d’espace de cuisson, de réception des invités donc de bar, de table à manger, de bureau à l’occasion. Fini l’espace dédié à une fonction unique; tous deviennent plurifonctionnels et s’adaptent aux besoins ou à l’envie du moment.
 Le béton retrouve ses lettres de noblesse
Les limites s’estompent ou s’annihilent, un traitement unique du sol tendant à unifier le tout. Les lignes sont épurées, retour à l’essentiel; les lignes horizontales, très présentes renforcent la fluidité du lieu. On associera la facilité d’entretien et la durabilité à l’esthétique; le béton retrouve de fait ses lettres de noblesse tant pour le traitement des sols et des murs (béton teinté, ciré) que pour le mobilier (paillasse, meubles). Les résines et autres matières composites pratiques émergent.
La déco axée sur la lumière et les accessoires 
Les ustensiles et accessoires de cuisine, en plus d’être fonctionnels, deviennent des éléments de décoration. On fait venir à soi l’extérieur, du moins ce qui nous procure du plaisir: le bistrot, avec la machine à expresso, ou à bière pression (photo), le cinéma avec des home-cinéma toujours plus performants et de moins en moins chers. On joue sur les couleurs, les matériaux, les formes pour que tous s’y sentent bien. La lumière investit le mobilier et le met en scène.
 Une maison «communicante»
Dans cette ruche, la domotique est reine: l'installation électrique communique pour piloter et automatiser l'ensemble des équipements électriques (fermeture, arrosage automatique, etc) et les faire inter fonctionner avec d'autres univers (internet, téléphonie mobile, home cinéma). Programmable et reprogrammable à souhait, au gré des envies et de l'évolution des besoins de chacun, la domotique simplifie la vie.
Chambre et salle de
bains décloisonnées
Les chambres et espaces privés semblent se réduire; en fait de nouvelles pièces apparaissent pour accueillir la TV grand écran, le rire des enfants ou les amis de passage: l’important étant de privilégier l’accueil et le bon équilibre des échanges au sein de la maison. La chambre principale, bien qu’isolée, regroupe dans un même espace décloisonné, la chambre, le dressing et la salle de bain; plus de cloisons, plus de portes, seulement des astuces fonctionnelles et décoratives permettant d’ouvrir ou d’isoler les différentes aires, en privilégiant la fluidité de mouvements et l’impression d’espace. Là aussi le rapport à l’extérieur prime; les frontières s’amenuisent, la nature pénètre la salle de bain, rappelant l’étroite affinité entre esprit zen et minimalisme.
Terrasse, lieu de vie
La maison se tourne largement vers l’extérieur; elle s’étire, se projette en dehors de ses limites; les ouvertures sont de plus en plus grandes, laissant pénétrer lumière et nature; cette perméabilité entre intérieur et extérieur accroît la notion de fluidité, d’échanges, donc de plaisir. Même les brise-soleil, les paravents optent pour la transparence: solutions légères en toile PVC micro perforée par exemple. Les terrasses, agrémentées d’auvents, de vérandas ou de pergolas deviennent des espaces de vie à part entière. Des barbecues intégrés, voire des cuisines entières investissent les lieux. Decks, gazébos et aménagements extérieurs sont réalisés avec soin car ils participent eux aussi au bien-être de la maisonnée.
Un jardin pour l’équilibre
On redécouvre le caractère apaisant de la nature, la fraîcheur de la pierre, la douceur du bois. Cependant, les maîtres mots étant la disponibilité et le plaisir, la nature reste domptée et des matériaux comme le PVC ou les nouveaux composites de bois et de plastique font leur apparition. Avec quelques aménagements (ne pas hésiter à abattre des cloisons), un peu de peinture et surtout le désir de rendre votre maison accueillante, vous suivrez cette tendance qui semble davantage être une façon de vivre et d’aborder le monde
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