La fourmi électrique
Qui est-elle, d’où vient-elle?
Originaire d’Amérique subtropicale (Guyane, Brésil), la petite fourmi de feu est orange et trois fois plus petite que ses collègues locales (1,5 mm). Sa piqûre, douloureuse, provoque de fortes démangeaisons et des plaques rouges sur la peau. Elle aurait réussi à gagner la Polynésie à partir de la Nouvelle-Calédonie il y a une dizaine d’années, bien que sa présence n’ait été signalée qu’en 2003.
Sa vie, son oeuvre
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Agressive, elle s’attaque aux autres espèces (insectes, lézards, oiseaux…) et peu provoquer des cécités sur les chiens, chats, volailles et autre animaux domestiques. La petite fourmi de feu n’aime pas les terrains nus et secs; elle leur préfère les endroits boisés non entretenus, les pelouses, les couches de feuilles mortes… |
Une fois dans la place, elle va favoriser le développement d’autres ennemies des jardins tels les pucerons et cochenilles (qui secrètent un liquide sucré dont elles sont friandes), et l’essor de la fumagine, champignon formant une pellicule noirâtre sur les feuilles et les branches.
FOURMI ÉLECTRIQUE:
zones infestées à Tahiti Seule l’île de Tahiti serait pour l’heure victime de la fourmi électrique avec, trois zones infestées répertoriées:
A Mahina: vallée de Ahonu (du versant Ouest jusqu’au lotissement de Atima en passant par Super Mahina et Mahinarama), vallée de Tuauru (versant Est) et résidence Oviri (au fond),
A Papenoo (haut du plateau, à l’entrée Est de la vallée),
A Punaauia: résidence Tetavake (sur 1,5 ha!), Pointe des pêcheurs (à côté du Méridien), bas de Punavai (au niveau du rond point), bas de Maruata et vers le pk 18.
Comment la combattre?
La petite fourmi de feu se déplace lentement (80 mètres par an) et n’est pas capable de voler. Son expansion passe donc essentiellement par l’homme. Aussi, il faut éviter de déplacer les déchets verts, pots ou plantes infestés.
Il est ensuite recommandé de traiter les zones touchées à l’aide d’un insecticide à effet retard (à base d’hydramethilnon ou d’indoxacarb) afin d’atteindre les ouvrières à la recherche de nourriture.
De retour dans leurs unités reproductrices, ces dernières vont, avant de mourir, importer le produit et contaminer les reines.
L’insecticide à base d’hydramethylnon vendu sur le marché (dans les magasins de bricolage et jardinage) se présente sous forme de granulés constitués de brisures de céréales et imprégnés d’huile de soja. Il est recommandé de traiter en saison sèche et de renouveler l’opération au bout de deux mois.
Pour couvrir un hectare, épandre au moins 2,5 kg (comptez 3000 Fcfp le kg).
La lutte, ici et ailleurs
En juillet et octobre 2005, le SDR (Service du Développement Rural) a réalisé deux campagnes d’épandage. La première, menée à Super Mahina a permis de contenir la progression des fourmis par la réduction des surfaces infestées, à défaut de les éradiquer. Tandis que le SDR traitait la zone inhabitée du domaine, les propriétaires épandaient le produit fourni sur leurs terrains.
Il est d’ailleurs recommandé, dans les lotissements, de lutter collectivement plutôt que de manière isolée comme à Tetavake où le financement de la désinfection (réalisée par Fenua Insectes) a été pris en charge par les propriétaires, via la Sagep.
La Polynésie française n’est pas le seul territoire de la région Pacifique à être victime de la fourmi de feu. La Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, le Vanuatu, Tulavu, les îles Salomon en ont déjà fait les frais. Sur l’île de Santa Fé aux Galapagos, l’éradication menée de 1975 à 1977 a été couronnée de succès jusqu’à ce que l’envahisseur reparaisse quelques années plus tard…
Astuce anti-fourmis
Eradiquez les fourmis qui ont le chic pour se faufiler dans tous les coins du fare n’est pas une mince affaire.
L’arme fatale?
La Javel, qui agit comme un repoussoir. Disposez des morceaux de coton imbibés d’eau de Javel, dans les coins stratégiques. On peut également placer, sur leur chemin, une soucoupe contenant du marc de café ou des bouts de citron, et introduire quelques feuilles de lauriers dans les pots convoités (farine, sucre).