Agencer son potager


L'organisation du potager est une étape incontournable afin de tirer partie au maximum des cultures et obtenir une rentabilité optimale.

Le potager doit être :
- situé sur une surface plate, de préférence
- bien orienté et bénéficier d'un ensoleillement propice
- divisé en parcelles pour abriter plusieurs cultures
- éventuellement protégé par des murs bas en tôle ou grillage (anti - tupa)
- facile d'accès, muni d'une allée sur toute la longueur du potager et d'espace suffisant entre les cultures (passe-pieds) pour permettre l'arrosage, l'entretien, les semences et les récoltes

Attention :
Certaines cultures, dites rampantes (pastèques, melon, potiron), nécessitent beaucoup d'espace et peuvent à terme envahir le potager. Un espace suffisant, variant selon les cultures, doit être prévu entre les semis afin de ne pas étouffer les plantes.


Les ennemis du potager


Le jardin a des ennemis : parasites, maladies et insectes nuisibles. Avant d'entreprendre un traitement phytosanitaire, il faut au préalable identifier l'insecte agresseur ou la maladie ravageuse.

Les insectes
Leur présence est naturelle dans un jardin. La menace qu'il faut endiguer est leur prolifération. On repère facilement l'apparition d'un nuisible par son action caractéristique : jeunes plants sectionnés (vers gris et grillons), nodosités sur les racines (nématodes), serpentins blancs sur les feuilles (mineuses), grappes d'insectes sur les jeunes pousses et le dessous des feuilles (pucerons, aleurodes, moucherons blancs), jeunes pousses recroquevillées (araignées rouges), brûlures sur les feuilles (thrips)...
A chaque culture et type de parasites, des moyens de lutte sont disponibles dans le commerce. Par épandage direct sur le sol, pulvérisation ou encore arrosage du sol, des produits prêts à l'emploi (en granulés ou liquides), toute une gamme de pesticides, ciblés ou polyvalents, permettent de lutter efficacement contre les nuisibles.

Les maladies
Des feuilles déformées, recroquevillées, marbrées, cloquées ou décolorées avertissent de l'apparition d'une maladie. Les jeunes pousses sont un bon indicateur et permettent un diagnostic précis du type de maladie. Fonte des semis (pourriture noir au collet des jeunes plants), oïdium (poudre blanchâtre sur les feuilles), alternariose (taches concentriques sur les feuilles), anthracnose (taches brunâtres sur les feuilles), mildiou des Tropiques (brûlures sur les feuilles) sont les principaux fléaux que l'on retrouve en Polynésie. Des traitements fongicides adaptés sont également en vente chez les détaillants. </section>


Semer, geste de vie


La graine est le mode de reproduction naturelle des plantes. Avant de semer, labourez puis ratissez la terre. En polynésie, la saison sèche (de juin à septembre) est la plus propice aux semis. Selon les cultures, différents types de semis peuvent être envisagés :

- Semis en caissettes, en pots ou en godets, pour les plantes nécessitant un repiquage (tomates, laitues, choux...). Placer deux graines par pot. Si les deux germent, sacrifier la plus faible en la coupant à ras de terre. Replanter au stade de 4 à 6 feuilles. Les semis en godets biodégradables (tourbe déshydratée ou papier journal), directement transplantables, évitent d'endommager les racines lors du repiquage.
- Semis en poquets pour les plantes grimpantes, haricots, pois et courges. De l'index, creuser des trous espacés d'au moins 30 cm et enfouir 3 à 5 graines par poquets. Tasser et recouvrir d'un mélange de tourbe et de tonte de gazon.
- Semis en ligne. Tracer un sillon d'une profondeur de quelques centimètres. Arroser abondamment le creux du sillon avant de planter. Particulièrement recommandé pour les épinards et le pota. Espacer les graines de 15 cm environ. Piétiner ou presser la terre à l'aide d'une planchette après avoir recouvert les graines de terre ou de terreau.
- Semis à la volée pour les carottes, radis... La plante pousse là où la graine a germé. Ce semis est une mise en place définitive. Il est toutefois recommandé d'éclaircir la culture au stade de 3 à 4 feuilles pour ne conserver que les plants les plus vigoureux.

Conseils :
- Respecter le calendrier lunaire lors des semences permet d'obtenir une meilleure germination. Il est conseillé de planter certaines espèces en lune croissante (haricots, tomates, poivrons) et d'autres en lune décroissante (carottes, radis, salades...).
- Afin de décourager les oiseaux, il est recommandé de plonger les graines dans la poudre de minium avant de les semer.
- Une toile fine, de type ombrière, permettra de laisser passer le pluie et formera un écran contre les ardeurs du soleil, qui "grilleraient" les jeunes pousses.



Arroser : vital


Les besoins en eau des plantes sont énormes. Les pluies ne suffisent souvent pas à les satisfaire, notamment en saison sèche. Tout potager bien organisé se doit de comporter un moyen d'arrosage pratique et adapté.
Pour les petites surfaces, un arrosoir peut s'avérer suffisant ou encore un tuyau percé à plusieurs endroits sur sa longueur. Pour les surfaces plus importantes, un système d'arrosage plus élaboré intégrant des goutteurs, une pompe d'arrosage, un programmateur, peut être envisagé. Les goutteurs (système de goutte à goutte aux racines) permettent des économies d'eau et un arrosage régulier. Les programmateurs (à partir de 8.000 Fcfp) sont indispensables en cas d'absence et assurent une distribution d'eau en quantité désirée à heure fixe.

Quelques principes de base :

Les besoins en eau des plantes sont d'autant plus importants que la plante est en croissance ou que la chaleur et l'ensoleillement sont forts.
Arroser de préférence le matin tôt ou le soir.
Eviter d'arroser toute la surface du potager (prolifération des nuisibles), préférer le jet direct aux racines.
Un arrosage excessif favorise le pourrissement des plants et le parasitisme.
L'apport en engrais doit se faire après l'arrosage par ne pas endommager la plante.
Un mois avant la récolte, stopper l'arrosage qui nuit à la conservation des légumes.

Le choix du bio


La culture biologique, donc sans engrais ni pesticides chimiques, permet d'obtenir des produits sains et savoureux. Envisager d'apporter des soins biologiques à son potager est une approche de long terme. La terre doit nourrir au mieux les cultures, tout en préservant son équilibre naturel.

Quelques règles de base sont à respecter :

Ne pas labourer pour que la microfaune, chargée de décomposer les matières organiques soit mieux préservée.
Nourrir le sol avec des engrais verts, cultivés pour améliorer et entretenir la structure et la fertilité des sols.
Respecter la rotation des cultures en associant des plantes qui se protègent mutuellement. Certaines plantes ou fleurs (plantes aromatiques) attirent des insectes prédateurs (chrysopes, syrphes...) qui vous débarasseront des nuisibles (pucerons, chenilles...).
Protéger ses cultures. Les parasites ne peuvent être évités mais on peut en limiter les dégâts. Les pièges à insectes disponibles dans le commerce seront d'une grande utilité contre les pucerons.

Fabrication du compost


La croissance des végétaux réclame de l'azote, de l'acide phosphorique et de la potasse, éléments naturellement présents dans le compost. Economique et écologique, la fabrication du compost nécessite environ 3 mois. On obtient environ 500 grammes de compost pour 5 kg de déchets. Sur une surface plane, construire une caisse, sans fond (les micro-organismes doivent pouvoir remonter dans le tas), d'environ 1 x1 m, haute de 80 cm environ. La dernière partie, à la base du silo, doit être amovible pour permettre de récupérer le compost par le fond. Déposer les résidus organiques (feuilles mortes, tonte de gazon, paille, épluchures, papier ou cartons...) en couches régulières de 20 cm, en alternant avec un lit de terre. Arroser chaque couche, le tas doit toujours rester humide. Pour éloigner les insectes du silo, couvrir sa surface d'une couche d'herbes sèches.

Voir aussi: En savoir plus sur le compost

Trucs et astuces de jardinier :
- Engrais naturel : broyées, les algues à têtes ovales, communes dans nos lagons constituent un excellent engrais naturel pour tout type de culture.
- Tomates : repiquer des plants de 30 cm de hauteur, en en enterrant 15 cm, permet une meilleure protection des plants. L'élagage progressif des ramifications et les feuilles qui pendent accroît également le rendement.
- Pastèques : couper le plant 50cm après la racine et ramener l'extrémité au niveau de la base afin d'accroître la rentabilité du pied. Couper la pousse tonifie les racines.
- Crabes : un muret bas sur tout le périmètre du potager permet d'éviter les visites des tupa, particulièrement friands de jeunes pousses.


Les outils du jardinier


Un minimum d'équipement est indispensable au jardinier en herbe. Les outils doivent être adaptés à votre taille et arriver à hauteur des aisselles pour éviter les maux de dos. Pour les semences et le désherbage, la position à genoux permet d'éviter les courbatures.

- une fourche pour le nivelage des sols et la récolte</ligne>
- une binette pour désherber et ameublir la terre</ligne>
- une griffe pour préparer les semences </ligne>
- une houe pour biner, défricher, sarcler</ligne>
- une serfouette pour creuser les sillons</ligne>
- un plantoir pour ensemer</ligne>
- un pulvérisateur : indispensable pour l'utilisation de pesticides ou fongicides


Vivriers : des cultures adaptées


Choisir de cultiver des plantes présentes depuis des siècles en Polynésie est le meilleur gage de succès. Les vivriers sont l'exemple type de cultures adaptées au climat et aux sols polynésiens : manioc, taro, igname, patate douces... Ces plantes se cultivent par bouturage ou plantation de rejet. Le taro donne en moyenne 10 rejets par pied. Le repiquage s'effectue de préférence entre novembre et janvier. L'irrigation est un élément incontournable pour le taro. A défaut de terrain marécageux, une rigole d'irrigation doit être creusée le long de la parcelle.
Il faudra attendre six mois minimum pour récolter les premiers fruits ou légumes. Deux variétés de manioc (jaune et blanc) prospèrent particulièrement rapidement. Les boutures doivent être plantées en biais afin que les racines se rencontrent. Cette technique permet une meilleure rentabilité des plants. La patate douce (plante rampante) se plante en entortillant plusieurs lianes entre elles afin de former une boule qui sera ensuite enterrée sous une motte de terre.