Aujourd’hui en Polynésie française, plus de 95% des portes et des fenêtres installées dans les nouvelles constructions publiques ou privées sont en aluminium. Un matériau qui s’est donc largement imposé depuis son introduction à grande échelle sur le territoire au début des années 1970. Léger, résistant et facilement malléable, l’aluminium apparaît comme le matériau idéal pour les menuiseries extérieures.

Son principal atout: sa très bonne résistance à l’oxydation. Une qualité qui lui permet de résister au climat chaud et humide. Le secret de cette exceptionnelle résistance: au contact de l’air et de l’eau, l’aluminium forme une couche protectrice appelée alumine. L’alumine fonctionne ensuite comme une barrière protectrice empêchant le métal de continuer à s’oxyder. Pour renforcer, cette protection «naturelle», portes, fenêtres et baies subissent des traitements complémentaires. Le plus simple, l’anodisation, consiste à renforcer en usine l’épaisseur de la couche d’alumine pour augmenter la résistance à l’oxydation. Les aluminiums anodisés prennent alors un aspect argenté permettant de les utiliser directement en construction, notamment pour les façades. A noter que la qualité de l’anodisation est garantie par le label Qualanod qui fixe, entre autres, une épaisseur minimum pour la couche d’alumine.

Un choix de 300 couleurs

Mais aujourd’hui, l’immense majorité des menuiseries aluminium posées sur le territoire sont laquées. Un procédé réalisé en usine et qui consiste à appliquer une fine couche de peinture acrylique ou polyesther sur le métal. Ce qui augmente bien sûr la durée de vie de la menuiserie mais surtout permet d’avoir un choix de plus de 300 couleurs.

Les laques blanches et brunes sont les plus courantes et sont disponibles immédiatement. En revanche, pour les autres couleurs, il faut souvent compter un délai de livraison de trois mois car les menuiseries doivent alors être commandées auprès des fournisseurs européens, américain ou néo-zélandais. A noter que certaines entreprises proposent des menuiseries aluminium avec des peintures imitation bois.

 

Du pin du Canada au chêne, une dizaine de types d’essences sont proposées. Mais attention, ces imitations bois augmentent d’environ 50 % le prix des menuiseries alu. A noter que pour l’aluminium laqué, c’est le label Qualicoat qui garantit la qualité de l’opération en fixant l’épaisseur de la couche de peinture.

 

Résister à des vents de 200 km/h

Mais avant de choisir parmi les nombreux modèles de fenêtres alu, il convient de prendre en compte la réglementation qui s’applique à toutes les constructions sur le territoire. Première contrainte: la résistance aux vents violents. A la suite de la succession de cyclones qui avaient détruit plus de 2 500 fare en 1983 à Tahiti, la réglementation a imposé à tous les éléments d’une construction de résister à des vents de 200 km/h. Ce qui doit donc être, théoriquement, le cas de toutes les fenêtres vendues sur le territoire. Autre obligation: toute pièce doit être équipée d’une ouverture permanente dont la surface représente 1/20e de la surface de la pièce. Concrètement, une pièce de 30 m2 devra donc disposer d’une ouverture permanente d’une surface de 1.5 m2. Par ouverture permanente, la réglementation entend un système qui permet l’aération même lorsque la pièce est fermée. Ce qui n’est pas le cas d’une fenêtre coulissante, battante ou à projection. Mais ce qui l’est en revanche pour les louvres.

 

Les louvres:

La solution la moins chère
Permettant une aération maximum, les louvres sont longtemps restées le produit phare pour les ouvertures. Elles sont constituées par deux montants sur lesquels viennent se fixer directement des lames de verres grâce à un système de clips.

Un système de levier ou de poignée permet de régler l’inclinaison des lames ou de les bloquer en position fermée. Un produit de conception simple qui permet aux plus bricoleurs de réaliser eux même la pose.

 

Pour les montants, l’aluminium anodisé ou laqué s’est imposé au détriment de l’acier galvanisé trop sensible à la corrosion. Quelques défauts majeurs de ce type d’ouverture ont également été corrigés

Grâce à de nouveaux systèmes de blocage, les lames de verre sont plus difficilement détachables de l’extérieur. Un défaut qui permettait de nombreuses effractions. Autre problème: l’étanchéité à l’eau. En cas de forte pluie associée à des rafales de vent, les anciens modèles avaient une fâcheuse tendance à laisser passer l’eau. Un défaut qui se corrige par la pose d’un châssis en aluminium sur lequel viennent se fixer les montants, ce qui permet de garantir une bonne étanchéité de l’ensemble. A noter que les lames de verre doivent être d’une épaisseur minimum de 6 mm pour résister à des conditions cycloniques. Le client peut opter pour différents types de verre: blanc ou teinté. Le prix reste le principal atout des louvres. Exemple: pour une fenêtre de 150 cm sur 140 cm, il vous en coûtera 45 000 Fcfp pour des louvres contre 57 000 Fcfp pour une fenêtre coulissante.

Enfin le verre peut être remplacé par des lames en aluminium, en PVC ou en bois. Produit haut de gamme, la louvre à lame de bois est souvent utilisée dans les grands hôtels de Polynésie. Un produit superbe d’aspect surtout si l’on utilise des bois comme le teck, réputé pour sa résistance et sa longévité. Mais ce rêve a un prix: une lame en teck de 75 cm coûte 3 000 Fcfp la pièce. Les autres matériaux tels que l’aluminium ou le PVC permettent d’utiliser les louvres en imposte, associé à des fenêtres coulissantes. Un usage qui se développe de plus en plus.

 

La jalousie s’impose

 

 

 

Mais si les louvres ont longtemps constitué le type d’ouverture le plus répandu sur le territoire, elles sont sur le point d’être marginalisées par les fenêtres à jalousie. Depuis leur introduction sur le territoire en 1993 par la STAM, les jalousies se sont progressivement imposées dans les nouvelles constructions et chez les particuliers car elles offrent une meilleure protection contre les effractions.

Dans les louvres, la lame de verre est uniquement fixée à ses deux extrémités. En revanche dans la jalousie, les lames sont clipsées sur toute leur longueur sur un montant, lui-même fixé au châssis de la fenêtre.

Espacés d’une quinzaine de centimètres environ, ces montants forment une protection efficace contre l’effraction. D’autant plus qu’ils peuvent être renforcés par des barres en inox. L’ensemble est également plus solide et offre une meilleure étanchéité à l’air, à l’eau et au vent. Autre avantage de la jalousie, elle permet une plus grande largeur de fenêtre à la différence des louvres dont la largeur est limitée à 80 cm.

Dans la jalousie, l’orientation et la fermeture des lames sont commandées par un système de poignée à béquille ou à papillon. Certains modèles permettent également le blocage des lames dans des positions intermédiaires offrant un meilleur contrôle de l’aération. Comme pour les louvres, les lames de verres peuvent être aisément remplacées par des lames en aluminium ou en bois. Ce qui permet de combiner, les jalousies avec des fenêtres coulissantes ou battantes et de supprimer les impostes. Les jalousies peuvent être également intégrées dans une porte. Inconvénient de la jalousie: son prix qui est environ deux fois plus élevé que celui des louvres. On peut l’utiliser, par exemple, en complément de fenêtres coulissantes pour assurer la ventilation d’une pièce.

 

De plus en plus de volets

 

Enfin dernier type de menuiserie alu dont l’usage se développe sur le territoire: les volets qui permettent de renforcer la protection des maisons contre les intrusions. Ils constituent aussi une protection efficace contre le soleil et la chaleur. Mais leur généralisation se heurtent à de sérieux obstacles. Les Polynésiens ont en effet pris l’habitude d’avoir des surfaces vitrées très importantes, ce qui pose des problèmes lorsque l’on veut installer des volets. Exemple de ces difficultés: les volets battants qui nécessitent un espace suffisant autour des fenêtres pour être rabattus. Le volet roulant est une autre alternative mais il reste cependant difficile à installer et relativement coûteux. Le volet persienné, intégré au sein d’une fenêtre coulissante, voire d’une porte, constitue une bonne solution intermédiaire. Néanmoins, la pose de volets augmente le prix de la menuiserie alu.

 

 

10 à 15 % du prix de la construction

On peut estimer le coût de la menuiserie aluminium à 10 % du coût total de la construction en moyenne. Le problème est qu'au moment de poser les fenêtres, les futurs propriétaires ont bien souvent déjà dépassé leur budget de construction. Du coup, ils veulent faire des économies sur les ouvertures en oubliant que ce sont des éléments clefs d’une maison. C’est pour cela qu’il faut choisir son type de fenêtre en s’appuyant sur plusieurs critères comme la fonctionnalité, la ventilation, l’esthétique et la sécurité. Et pas seulement le prix.