Le fare en bois

Malgré l’essor de l’habitat en dur, les fare en bois continuent de faire des adeptes même s’ils sont, hélas, de moins en moins nombreux.
Pourtant, ce matériau à la fois traditionnel et moderne offre une grande liberté de construction. Surtout, il est parfaitement adapté aux chaleurs tropicales. Aussi, construire en bois relève d’un choix à la fois architectural, technique, esthétique et, au-delà, d’un certain art de vivre.

Le "tout en bois", le "tout en dur", ou le "mixte"
On trouve généralement beaucoup d'idées préconçues autour de la question, en particulier sur l'infaillibilité de la maçonnerie face à la précarité du bois. La qualité de la mise en ouvre tient une large place, aussi bien pour le bois que pour le béton.

Ainsi, un béton mal dosé se dégradera beaucoup plus vite qu'un bois bien posé, même si cela n'apparaît pas immédiatement. D'autre part, une maçonnerie nouvellement construite se tasse, entraînant des fissures qui se répercutent sur les enduits, les revêtements, le carrelage. Le bois, plus souple, pourra encaisser sans problème quelques déformations. La maçonnerie doit être enduite et peinte, autant d'étapes sujettes à défauts de mise en ouvre ou aux dégradations ultérieures, alors que le bois pour garder un bel aspect ne nécessitera qu'une couche de lasure tous les 5 ans.

Une maçonnerie associée à une charpente métallique pourra réserver quelques surprises : ces 2 matériaux ayant un coefficient de dilatation différent, les changements de température peuvent entraîner quelques bruits bizarres.

Quant à l'isolation phonique, on pense souvent qu'une maison en dur protégera mieux des bruits extérieurs. Mais vouloir s'isoler du bruit en Polynésie est un peu illusoire, dans la mesure ou on vit la plupart du temps fenêtres ouvertes. Le bruit, comme l'eau, passe par les ouvertures.

Beaucoup de gens, voulant associer les qualités techniques du béton aux qualités esthétiques du bois, réalisent leur structure en béton, puis essaient de le faire oublier en y associant un maximum de bois : menuiseries, revêtements, cloisons et faux-plafonds, parquets, volets etc.

Le bois n'est pas un matériau unique mais un ensemble d'essences ou d'applications ayant des propriétés différentes et adaptées à chaque étape de la construction. Et à condition de choisir la bonne essence pour la structure, avec une bonne mise en oeuvre, celle-ci offrira toutes les garanties d'une structure béton ou métallique, avec un avantage esthétique et une harmonie d'ensemble nettement supérieurs.
C'est pourquoi il est important d'avoir recours à un spécialiste du bois, pour choisir les essences appropriées et respecter les règles de l'art.

“Si le médecin ne peut rien pour toi, habite une maison en bois” (proverbe suédois)

 

Poteaux - poutres - remplissage

C'est le système classique, avec des règles issues du compagnonnage, qui s'impose par son évidence et son confort visuel. Il s'inscrit dans l'histoire de l'humanité. Les poteaux transmettent la descente des charges verticalement, depuis les poutres soutenant la toiture jusqu'aux fondations, les autre élément horizontaux étant fixés aux poteaux
Panneaux travaillants
Ces panneaux sont composés d'un châssis bois entre 2 feuilles de contreplaqué de 9mm, pour une épaisseur totale de 10 cm environ. Dans ce cas, on pose d'abord le plancher sur les fondations, puis les murs sur le plancher, puis on ceinture le haut des murs pour y poser la charpente de toiture.
Ce système fait appel à de nombreuses pièces de liaisons métalliques, prévues à cet effet. Son gros avantage est la facilité de mise en ouvre et le coût réduit.

La quincaillerie
L'évolution des techniques du bois a entraîné le développement des pièces de fixation que l'on trouve en grande variété dans les quincailleries. Chaque pièce est destinée à un type particulier d'assemblage, ce qui facilite la mise en ouvre et limite l'emploi des machines-outils. Ces pièces peuvent être en acier standard, en galva à froid ou en galva à chaud, ou en inox. Environ 70% des pièces du commerce sont en acier galvanisé à chaud qui offre une bonne résistance à la corrosion, et pour les bâtiments spécialement exposés à l'air marin (comme un hôtel sur un atoll), on emploiera de préférence de l'inox.

Les contreplaqués
Les contreplaqués extérieurs :
Ils présentent une face de parement extérieure, réalisée avec une essence de bois dur, et sans défauts, et une face interne destinée à l'intérieur de la cloison, brute ou rugueuse

Les contreplaqués intérieurs :
Les 2 faces sont soignées, avec un choix d'essences variées, et peuvent être soit prêtes à peindre, soit comporter une face décorative avec un beau placage pouvant se conjuguer avec du bois massif de la même essence.

Les contreplaqués marines :
Ils peuvent supporter une immersion, de par le choix des essences qui le composent, et surtout par la qualité de la colle. On les utilise surtout pour les bateaux. Le point faible du contreplaqué, c'est sa tranche. Quelque soit la qualité utilisée, il faudra veiller à la protéger par de la résine, de la colle ou du placage, ou, à défaut, de la peinture ou du vernis.

La finition
Les lasures
Aujourd'hui, la séduction du bois doit beaucoup à l'évolution des lasures qui proposent des finitions soignées et variées. Elles traitent et protègent en même temps, et mettent bien en valeur toutes les qualités esthétiques du bois, sans le dénaturer.

Les premières lasures étaient incolores. Puis vinrent les lasures teintées à différents degrés, avec différents pigments, et les opaques (la matière du veinage reste, mais le dessin disparaît). Il faut savoir qu'une lasure teintée protège trois fois plus des UV qu'une incolore, et que les colorations vert et bleu sont plus fragiles.

Conseil pratique
Après avoir passé une lasure au pinceau, il est bon d'enlever le surplus avec un chiffon environ 1/2 heure après, pour un meilleur séchage, et pour éviter qu'elle ne reste poisseuse.

Le bois peint
Il sera lui aussi bien protégé, et s'inscrit dans une autre esthétique. Les maisons coloniales étaient entièrement peintes, ce qui leur conféraient un charme particulier. On connaît les célèbres "painted ladies" de San Francisco, ces maisons entièrement en bois peint qui sont de véritables chefs-d'ouvre amoureusement entretenues par leur propriétaire, et les maisons en bois peint de la Réunion ou des Antilles, véritables reflets d'un art de vivre sous les tropiques. L'évolution des peintures a aussi facilité ce choix. En effet, les peintures étanches (dont on pensait qu'elles protégeaient mieux) ont évolué vers des peintures microporeuses, qui laissent le bois respirer tout en le protégeant, et assurent une bien meilleure tenue dans le temps.

 

 

 

 

 

 

 

Les kits bois OPH
Depuis 2002, l’OPH s’est lancé dans la commercialisation de fare en bois sous forme de kits de matériaux, accessibles à tous (paiement comptant). A charge ensuite pour le client de régler le transport, les matériaux complémentaires (agrégats, petite menuiserie…), puis de monter lui-même le kit ou de faire appel aux services d’un entrepreneur. Ce “kit tropical” est en fait un fare MTR amélioré et plus coquet (couleurs au choix, frisette…) et dont les bois sont achetés auprès des fournisseurs locaux. Ces produits (qui existent aussi en version “dure”) permettent de construire à moindre frais.
Sur 50 fare OPH vendus, en 2005, trois sur quatre étaient en bois.
- Kit F3 de 72 m2 à 3,1 millions de Fcfp et Kit F4 de 90 m2 à 6,525 millions de Fcfp.

 

 

 

 

 

 

 

“Le bois à tous prix”
Construire en bois revient-il plus cher?
Oui, s’il s’agit d’une grande maison réclamant des quantités importantes et/ou si les essences choisies sont dites «nobles» (Teck, Kohu…).

Non, s’il s’agit d’un petit fare en Pin et ce d’autant plus que les taxes appliquées aux USA sur le fer ont fait augmenté le prix des structures métalliques. Certains candidats à la construction préfèrent importer des kits attractifs en provenance de la Nouvelle-Zélande par exemple, plutôt que de “consommer local”.
Néanmoins, entre le transport, les démarches de dédouanement, les péripéties au cours du montage et les éventuels besoins de réapprovisionnement, ce qui paraissait une bonne affaire ne l’est pas toujours.