| Le traitement
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Un produit de traitement est composé de 2 éléments distincts : l'insecticide et le diluant qui va véhiculer l'insecticide en profondeur dans le bois. Au départ, ce véhicule était l'eau (solution hydrosoluble), avec une faible pénétration de l'insecticide, puis on utilisa l'ammoniaque, qui véhiculait bien le produit puis s'évaporait en le laissant à l'intérieur, mais ce produit trop toxique fut abandonné aussi. |
Traiter préventivement: pourquoi ?
La plupart des bois tropicaux ont une certaine résistance naturelle aux larves d'insectes et aux champignons. Mais les résineux importés à Tahiti, en particulier pour les charpentes, sont plus exposés aux attaques, c'est pourquoi ils sont proposés en formule «traité» ou «non traité». Mais attention, toute coupe de bois doit obligatoirement être retraitée. Tous les bois de construction non traités doivent subir un traitement préventif.
Traiter, comment ?
- Sur les bois sains : badigeonner ou asperger le traitement de façon abondante en insistant sur les coupes.
- Sur les bois attaqués: pour les poutres et charpentes de section supérieure à 10 cm, percer du haut vers le bas tous les 33 cm environ, des trous de 8 à 15 mm de diamètre, jusqu'au 2/3 de l'épaisseur du bois. Injecter le produit en profondeur en remplissant les trous avec un injecteur. Reboucher ensuite les trous avec des chevilles. Terminer le traitement par un badigeonnage ou une aspersion abondante sur toutes les surfaces attaquées ou non. Renouveler l'opération 2 fois.
- Sur les menuiseries intérieures: badigeonner ou asperger le produit de façon abondante sur toutes les surfaces attaquées ou non. Les surfaces des bois doivent impérativement être propres et exemptes de finitions (peinture, vernis, lasure) qui nuiraient à la pénétration du traitement. Si besoin est, décaper et nettoyer avant de traiter.
Quand on peut localiser une zone attaquée de façon précoce, et quand cela est possible, il vaut mieux éliminer totalement la pièce de bois attaquée et la remplacer par du bois sain, en traitant copieusement le tout.
Les symptômes d'un bois attaqué
- Par les termites:
Les termites ne supportant pas la lumière, la surface du bois est toujours intacte, jusqu'à n'être qu'une pellicule, tandis que l'intérieur est vidé par des galeries à l'aspect feuilleté. Le bois digéré reste à l'intérieur sous forme de granulés. Parfois les termites percent la paroi et évacuent les granulés par un petit trou à peine visible, rebouché après usage. Ces granulés évacués sont le principal signe d'un bois attaqué. On les distingue de la sciure en les faisant rouler entre les doigts. Le termite est un insecte blanc et mou, de la taille d'une fourmi.
- Par les insectes à larves xylophages:
On remarque à la surface du bois des petits trous, d'où sont évacués des petits tas de sciure. A l'intérieur du bois, des galeries servent d'abri aux larves. À un état avancé de l'attaque le bois s'effrite.
Citons:
- Le Capricorne, insecte gris-noir, long et aplati, avec 2 grandes cornes. La larve du Capricorne est un gros ver blanc.
- La Vrillette, insecte roux-brun, trapu, arrondi. Larve: petit ver blanc en forme de virgule.
- Le Lictus, insecte roux-brun, corps allongé et cylindrique. Larve: petit ver blanchâtre en forme de virgule.
- Par les champignons:
À la surface du bois, on constate:
Un bleuissement du bois, sans altération.
Une échauffure blanchâtre ou brunâtre.
Des pourritures cubiques (brunissement et cassure du bois, odeur forte).
Des pourritures fibreuses (pourriture blanche, désagrégation du bois).
Les produits traitants
Il existe 2 catégories de produits:
- Le CCA (chrome + cuivre + arsenic), facilement reconnaissable à sa coloration verte.
- Le Borax, incolore.
Ces 2 produits fonctionnent de la même façon. L'agent traitant est une molécule de synthèse qui représente 10% du produit, le reste est un liquide (eau, pétrole) qui véhicule les molécules aussi profond que possible.
Le Borax représente un avantage esthétique car il conserve au bois sa couleur. Mais, ce produit étant hydrosoluble, il perd ses qualités quand il est mouillé. On ne peut donc l'utiliser que pour une charpente abritée. Il faut savoir que les produits de traitement contre les termites protègent également des champignons. Dans les produits type Xylamon, c'est le produit véhiculaire qui dégageait odeurs et brûlures de peau. Ce produit a été remplacé par une émulsion inodore et non agressive, ce qui en facilite l'emploi. Ces produits sont vendus sous différentes appellations, avec mention des bois de destination. Les lasures qui sont aujourd'hui très employées en finition font également office de produit de traitement préventif.
Principales caractéristiques des cinq classes de risques
(d’après la norme NF en 335) |
Classe |
Situation générale en service (type d’ouvrage) |
1 |
À l’abri des intempéries (lambris, parquets, menuiseries extérieures) |
2 |
À l’abri des intempéries (charpentes, planchers, ossatures) |
3 |
A Non abrité, sans contact avec le sol (bardages, menuiseries extérieures) |
3 |
B Non abrité, sans contact avec le sol (bardages, menuiseries extérieures) |
4 |
Contact avec le sol ou l’eau douce(pieds de poteaux, aménagements extérieurs) |
5 |
Bois en contact avec l’eau de mer (piliers, pontons, bois immergés) |
Domaine d’utilisation des essences sans traitement |
Essences |
Classe 1 |
Classe 2 |
Classe 3 |
Classe 4 |
| Feuillus tropicaux (hors Aubier) |
| Doussié |
oui |
oui |
oui |
oui |
| Ipé |
oui |
oui |
oui |
oui |
| Iroko |
oui |
oui |
oui |
variable |
| Méranti (dark red)2 |
oui |
oui |
oui |
non |
| Sipo |
oui |
oui |
oui |
non |
| Teck |
oui |
oui |
oui |
variable |
| Résineux |
| Douglas |
oui |
oui |
oui |
non |
| Epicéa |
oui * |
oui * |
non |
non |
| Mélèze |
oui |
oui |
oui |
non |
| Pin Sylvestre |
oui |
oui |
oui |
non |
| Red cedar |
oui |
oui |
oui |
non |
| Sapin |
oui |
oui * |
non |
non |
*. Sous réserve de l’acceptation d’un faible risque d’attaque par les insectes, qui
peut être diminué par l’application d’une lasure ayant un composant insectiside. |
Préservation, normes et finitions
On a souvent tendance à confondre préservation et finition. Or, ces deux étapes ont une vocation bien différente.
La préservation (procédés et produits) vise à préserver les bois de ses ennemis (champignons, termites…); la finition (ou traitement de surface) les protège de l’humidité et a un rôle esthétique (lasures essentiellement).
La première doit avoir une action pérenne; la seconde implique un renouvellement. En climat tropical humide, le traitement des bois en autoclave (sous vide et sous pression, surtout pour les classes 3, 4 et 5) est généralement préféré aux procédés de trempage.
Certains bois sont aussi séchés, voire griffés avant traitement pour une meilleure pénétration du produit.
Préférez des bois sans arsenic
Les traitements des bois au CCA (Cuivre, Chrome, Arsenic) sont interdits en Europe et aux USA, l’arsenic s’étant révélé nocif pour la santé (toutes les vaches d’un ranch aux USA sont mortes après que les cendres d’un feu de bois traité CCA se soient répandues dans les pâturages). Cependant, nombre de pays continuent d’en vendre à l’export et aucune normes n’existent, localement, à l’importation.
Aussi, certains fournisseurs mettent en avant la norme ACQ, cuivre écologique et système d’imprégnation offrant une protection à long terme contre la moisissure, la pourriture et les termites, sans produit chimique néfaste à l’environnement. Au niveau international, la convention de Washington, ratifiée par la France, a cependant définit un cadre restrictif à la commercialisation d’essences menacées (dont l’Acajou), soumis à des permis d’exporter et d’importer.
Privilégier les lasures concentrées
Même si les bois commercialisés par les fournisseurs ont déjà fait l’objet d’un traitement, il est conseillé d’utiliser, lors de la construction, un insecticide-fongicide d’appoint (produits de type “Xylamon” ou à base de deltamétryne), notamment pour traiter les coupes. On applique ensuite généralement une lasure (incolore ou teintée) qui offre l’intérêt de protéger le bois (des UV, des moisissures…) tout en préservant son veinage. La qualité d’une lasure se juge non pas à son prix, mais à la quantité d’extrait sec affichée sur l’étiquette. Plus la teneur, exprimée en pourcentage sera élevée (au delà de 40% -50%) plus le produit sera performant.
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